Reconnaitre la personne est avant tout une connaissance de son histoire familiale et de son parcours.
C’est par la connaissance et l’analyse de son vécu, de son parcours institutionnel, que le foyer pourra répondre aux attentes du nouvel arrivant au foyer.
L’accueil du résident et de sa famille
Les familles ou les institutions réalisent une transmission d’informations /dossier du résident, son histoire, ses projets. Ceci constitue le dossier nécessaire à l’élaboration de la liste d’attente.
Une pré-visite est ensuite organisée. Celle-ci est constituée d’une rencontre avec le résident, la direction (directrice et chef de service) le tuteur (responsable légal), ceci peut se faire également dans le cadre d’une organisation /rencontre inter-établissements. Le plus souvent nous réalisons à ce moment une visite des locaux.
Nous procédons ensuite à une présentation à l’équipe et aux résidents.
Nous organisons une période d’essai (dite de stage) et élaborons un pré-projet d’accueil avec la famille, si celle-ci est concluante.
Une première synthèse est réalisée dans les 4 mois (cf la réunion de synthèse p 41) afin d’élaborer et valider un projet personnel d’accompagnement.
Nous mettons en place si possible un partenariat avec les établissements d’origine.
Le Projet Personnalisé d’Accompagnement (PPA)
Le Projet Personnel d’Accompagnement est l’outil indispensable à la mise en place des moyens menant à un développement ou un maintien de l’autonomie.
Il est donc nécessaire, pour l’établir, de connaître le résident ainsi que le ou les moyens que l’on veut et que l’on peut mettre en place.
La participation de la personne en situation de handicap à cette élaboration est centrale et va permettre d’optimiser la construction de ce projet personnalisé.
Lors de la construction de ce projet personnalisé il faudra :
- proposer au résident ce qui est possible pour lui (ce qui sous-entend d’avoir au préalable évalué et repéré ses aptitudes),
- favoriser le plaisir à être et à faire,
- développer l’ouverture, la curiosité, les expériences.
- rencontrer la famille afin d’affiner les objectifs prédéfinis, l’impliquer dans le projet en évitant ainsi de cliver vie institutionnelle et vie familiale.
Il est donc indispensable de bien connaître la problématique et de poser des objectifs.
Le Projet personnalisé se doit alors d’être réinterrogé régulièrement en équipe sans forcément attendre la réunion de projet.
Il se doit aussi d’être lisible par l’équipe, l’entourage familial, le tuteur légal et surtout le résident ce qui implique de l’adapter pour en faciliter l’appropriation. Le projet doit être ajusté, déterminé dans le temps, précis et évaluable.
Enfin le projet personnalisé est présenté et remis au résident, au tuteur légal et / ou à ses parents dans le but de concrétiser cette démarche d’accompagnement.
Cette contractualisation devient un engagement symbolique de la personne, de son responsable légal et de l’institution qui interagissent en corrélation dans le souci de proposer un accompagnement au plus près des besoins.
L’accompagnement au quotidien
L’accompagnement au quotidien peut se travailler sur plusieurs axes, et avec de nombreux supports afin de favoriser l’épanouissement, la démarche d’autonomisation, la vie en société.
Il s’agit de réaliser un accompagnement varié et adapté par lequel il faut développer le plaisir, l’envie, dans un esprit de convivialité afin de susciter le plaisir à faire, à vivre et à partager, ou grâce à un travail d’ouverture sur l’extérieur. Favoriser l’envie de faire est possible en multipliant les expériences, afin de favoriser la découverte et ainsi développer les centres d’intérêt.
Les orientations de notre accompagnement s’effectuent vers le maintien ou le développement des acquis dans un but de reconnaissance des aptitudes et de valorisation des actions entreprises par la personne.
Il s’agit d’étayer l’estime de soi par la responsabilisation, le développement de la prise d’initiative et de l’autonomie tout en autorisant la liberté d’expression et de création, ainsi que de promouvoir l’expression personnelle par le biais d’activités de créativité et par la possibilité d’accéder à un accompagnement psychologique.
Il s’agit d’accompagner le résident en se centrant aussi sur les potentialités d’adaptation, en proposant des actions dans le respect du rythme de la personne. Ce qui permet alors de maintenir, travailler et préciser les différents repères.
Promouvoir l’autonomie
L’autonomie permet la valorisation des actions entreprises par la personne. C’est un moyen de favoriser la prise d’initiative tout en permettant de faire pour soi et pour les autres, afin de se reconnaître une place particulière au sein de la vie institutionnelle.
Penser l’autonomie c’est donc affirmer que la personne est actrice : lui donner la liberté de faire, de se confronter au monde, aux exigences sociales, à des consignes, tout en restant vigilant et en lui offrant un cadre sécurisant.
Laisser le choix c’est donc :
- reconnaître que l’on puisse faire seul et penser seul,
- s’affirmer (s’affranchir), s’engager,
- s’autoriser à dire,
- se reconnaître une position décisionnaire,
- accorder de la valeur à la parole de la personne,
- reconnaître la possibilité d’éprouver du plaisir,
- promouvoir ainsi l’expression du goût et de l’intérêt.
Pour cela il faut :
- pouvoir préserver un cadre, puisqu’il s’agit d’une sélection entre plusieurs options possibles, proposées par l’équipe et pensées lors d’une réflexion commune.
- travailler la frustration car choisir entre deux alternatives signifie être capable d’accepter de perdre ou se résigner à ne pas avoir.
- autoriser la libre expression.